La pâpouche persane

Née il y a des siècles d'un fil de coton et d'un geste transmis de mère en fille.

Découvrir

La pâpouche persane

پاپوش

Née il y a des siècles d'un fil de coton et d'un geste transmis de mère en fille.

Les mains d'une aînée crochetant la tige d'une pâpouche, en clair-obscur
Arak · Iran

Moins de vingt femmes maîtrisent encore ce crochet ancestral.

Une chaussure que le monde a peu à peu oubliée.

Découvrir son histoire
La renaissance

Une seconde vie

MAJNOON reprend ce savoir menacé. La tige, crochetée à la main, reste inchangée — la Giveh ancestrale. Une semelle contemporaine, en lait d'hévéa, lui donne une allure d'aujourd'hui.

LACTAE HEVEA® · Made in France
Le projet
La Pâpouche de profil : tige crochetée et semelle en lait d'hévéa
La Pâpouche portée
La Pâpouche, détail de la maille
La Pâpouche, autre vue
Pâpouches MAJNOON vues de dessus sur un tapis persan, entourées de fleurs de coton

Accueil / La collection / La Pâpouche

Édition Blanche — Première série

La Pâpouche

Portée aujourd'hui, comme depuis des siècles.

€250,00

Héritière de la giveh d'Arak, la Pâpouche unit un geste ancestral à une silhouette contemporaine. Sa tige de coton, crochetée maille après maille par les dernières artisanes du geste, épouse le pied et se patine à l'usage ; sa semelle en lait d'hévéa, affiné en France, apporte une souplesse silencieuse. Une dizaine de jours de crochet sont nécessaires à chaque paire.

  • Tige — 100 % coton, crochetée à la main à Arak, Iran
  • Semelle — LACTAE HEVEA®, lait d'hévéa naturel, Made in France
  • Semelle intérieure — LACTAE HEVEA® et coton (France et Portugal)
  • Assemblage — atelier familial, Portugal
  • Édition — première série, production limitée

La Pâpouche taille grand — prenez une pointure en dessous de votre pointure habituelle.
Modèle unisexe, du 37 au 45.

Chaque paire commandée fait vivre le geste — et celles qui le portent encore.

Paiement sécurisé VisaMastercardAmexPayPalApple Pay
Livraison suivie — monde entier Retours sous 14 jours Fait main — une dizaine de jours Traçabilité totale
Livraison & retours

Livraison suivie partout dans le monde : France 10 €, Union européenne 20 €, reste du monde 35 €. Expédition sous 2 à 4 jours ouvrés ; comptez 2 à 7 jours selon la destination. Hors Union européenne, les droits de douane éventuels sont à la charge du destinataire.

Vous disposez de 14 jours pour changer d'avis. Les frais de retour sont à la charge du client.

Guide des tailles

La Pâpouche taille grand. Commandez une pointure en dessous de votre pointure habituelle : la coupe est ample et le coton crocheté se détend légèrement aux premiers portés. En cas de doute, mesurez votre pied : le guide des tailles donne les correspondances exactes, longueur du pied et pointure à commander.

Entretien

Lavage à la main, à l'eau froide, avec un savon doux et impérativement incolore — un savon coloré risquerait de teinter la tige écrue. Séchage à l'air libre, à l'ombre. Le coton se patine et s'assouplit avec le temps — c'est la vie naturelle de la matière.

Fabrication & traçabilité

Tige crochetée à la main à Arak (Iran) — semelle en lait d'hévéa affinée en France — assemblage dans un atelier familial au Portugal — design à Paris.

Nous documentons chaque étape, sans intermédiaire ni zone d'ombre.

Rareté

Moins de vingt artisanes au monde maîtrisent encore ce crochet. Chaque série est limitée par la main qui la fabrique — et ne sera jamais produite en masse.

Authenticité

La tige de la giveh est restée inchangée depuis des siècles. Nous n'avons rien retouché du geste : seulement la semelle et la silhouette.

Transparence

Arak, la France, le Portugal : trois lieux, trois savoir-faire, une traçabilité totale que nous documentons à chaque étape.

Lookbook

Couple en studio, pâpouches écrues sur tapis persan
Silhouette en marche, veste olive, pâpouches blanches
Deux paires de pâpouches portées sur un tapis persan
Femme aux tournesols dans un parc, pâpouches aux pieds
Pique-nique sur un tapis persan, pâpouches et pistaches
Lecture allongée sur un tapis dans l'herbe, pâpouches aux pieds
لیلی و مجنون

Leili & Majnoon

Avant Roméo et Juliette, il y eut Leili et Majnoon. Née dans les déserts d'Arabie au VIIe siècle autour du poète Qays — épris de Leili au point d'en perdre son nom pour ne garder que celui de Majnoon, « le fou » —, l'histoire fut d'abord transmise de bouche à oreille, avant que Nezami n'en fasse, au XIIe siècle, le grand poème persan que l'Orient récite encore.

Miniature persane : Leili et Majnoon enfants, à l'école
« Leili et Majnoon à l'école » — folio d'une Khamsa de Nezami, Hérat, 1431 (atelier timouride).
The Metropolitan Museum of Art (domaine public).

Chez Nezami, cet amour impossible devient bien plus qu'un drame : une voie. Séparé de l'aimée, Majnoon en fait le miroir d'un absolu — la figure de l'âme qui se consume pour ce qui la dépasse. Au fil des siècles, cette lecture mystique s'est imposée : Majnoon n'est pas seulement l'amant fou, il est l'amant parfait, celui pour qui aimer et être ne font plus qu'un.

De langue en langue, le conte s'est répandu dans tout le monde arabo-musulman et bien au-delà — du Maghreb à l'Inde, de l'Afrique à l'Asie centrale —, réécrit par les poètes de chaque terre. Peu de récits auront été autant partagés. C'est ce nom, et cette idée de l'amour absolu, que la maison a choisi de porter.

Pâpouches MAJNOON, évocation du conte de Leili & Majnoon
در ره منزل لیلی که خطرهاست در آن / شرط اول قدم آن است که مجنون باشی

« Sur la route qui mène à Leili, où les périls abondent, la première condition, dès le premier pas, est d'être Majnoon. »

Hafez · Divan, ghazal 458
Une main dépose une paire de Pâpouches sur des tapis persans, dans un clair-obscur
Arak · plateau central · dynastie Qadjar

Histoire de la pâpouche

تاریخِ پاپوش

Pâpouche, du persan « pâ » (pied) et « pouche » (couvrir), désigne les chaussures traditionnelles persanes.

Un artisan et plusieurs modèles de pâpouches aux semelles différentes, dans son échoppe
Trois pâpouches parmi bien d'autres : le kelâsh (Kurdistan), la giveh — ici en deux semelles — et le charoq (Zanjan).

L'ancêtre de la babouche

Voyageant vers l'ouest, le mot s'est répandu dans le monde arabe jusqu'au Maghreb.
L'arabe ne connaissant pas le son « p », pâpuš y devint babouche, que le français adopta à son tour.

L'Iran compte toute une famille de pâpouches traditionnelles, chacune façonnée par sa région — une forme, une matière, un geste qui lui sont propres. Celle que nous avons choisie se nomme « giveh », provenant de la ville d'Arak, sur le plateau central iranien — au moins depuis la dynastie Qadjar, à la fin du XVIIIe siècle.

Le héros Giv franchissant l'Oxus, miniature du Shâhnâmé
Le héros Giv — ShâhnâméMet, domaine public.

Un nom venu du Shâhnâmé de Ferdowsi.

La légende rattache la giveh au héros Giv, cavalier de la grande épopée persane — filiation jamais prouvée, mais que la mémoire aime à garder.

Puits de lumière d'un caravansérail persan

« Au-delà de son destin dérisoire, la chaussure est capable de conduire l'esprit jusqu'à l'histoire des peuples et des civilisations. »

Jean-Paul Roux
Piles de tapis persans dans le bazar d'Arak
Les tapis du Bazar d'Arak
Écheveaux de fils teints suspendus
Les fils, teints et suspendus
Coupoles de brique du bazar, percées de puits de lumière
Noorgir — capteur de lumière
Artisane aînée crochetant une pâpouche, assise dans l'herbe

Matrimoine

میراثِ مادری

Ce savoir-faire ne s'apprend dans aucune école. Il se transmet de mère en fille, depuis des siècles, dans les maisons et les cours d'Arak.

Une mère et sa fille crochetant ensemble
L'apprentissage

De mère en fille

L'apprentissage se fait chez l'ostad, la maître artisane. De génération en génération, de mère en fille — et ce depuis des siècles, dans cette même région.

میراث L'héritage
Gros plan de mains crochetant la tige d'une pâpouche
Le temps

Fil après fil

Une dizaine de jours sont nécessaires pour une seule paire. Rien d'une course contre la montre pour autant : le crochet n'est pas un emploi à plein temps, mais un geste du quotidien, repris au fil des heures libres.

صبر La patience
Artisane au travail, portrait
L'indépendance

Femmes indépendantes

Crocheter leur permet de générer leurs propres revenus et d'être indépendantes financièrement. Elles se font pourtant de plus en plus rares : les plus jeunes ont peu à peu quitté les villages pour les grandes villes.

هم‌بستگی La sororité
Artisanes crochetant ensemble en pleine nature
Ensemble

Un art de vivre

Assises ensemble en pleine nature, les après-midi ensoleillés, autour d'un thé servi sur la nappe, elles crochètent en discutant, en récitant des poèmes, en chantant. La giveh se forme petit à petit, boucle après boucle.

En leur voix

Le temps d'un après-midi, les artisanes racontent leur geste et leur vie. Montez le son.

Crochet

قلاب‌بافی

Un simple crochet, un fil de coton, et des milliers de mailles serrées une à une. La tige naît d'un geste continu, sans couture ni assemblage, d'une densité que nulle machine ne sait reproduire.

Près de dix jours de crochet dans chaque paire.

Parce qu'elle est faite main, aucune paire ne ressemble tout à fait à une autre : chaque artisane a sa propre « patte » — sa main, sa tension du fil.

Chaque Pâpouche devient une pièce unique.

Détail du crochet et du fil de coton
Mains d'une artisane au travail
La tige de coton en cours de crochet
Les mains d'une aînée crochetant la tige d'une pâpouche, en clair-obscur

Héritage en péril

میراثی در خطر

Aujourd'hui, seule une vingtaine de femmes maîtrisent encore cette technique.

Sans transmission, ce geste disparaîtra avec elles.

Pâpouche ancienne, usée par le temps
Mains âgées et fil de coton
Détail d'une giveh crochetée à la main
Pourquoi ce déclin

Restée presque inchangée, la pâpouche a fini par paraître démodée en ville, où l'on préfère désormais baskets et souliers modernes.

La production industrielle a fait le reste : des imitations bon marché — tige de coton troquée contre du synthétique, semelle de cuir contre du plastique importé — ont submergé le marché. La giveh authentique est aujourd'hui presque introuvable à Téhéran ; il faut gagner les villages reculés pour la trouver encore. À cela s'ajoute la crise économique et politique que traverse le pays, qui fragilise un peu plus ce savoir-faire.

Les mains au repos d'une aînée, brodées par le temps

En donnant à la giveh une seconde vie, MAJNOON veut rendre cette transmission à nouveau désirable — et possible.

Un passager amoureux

J'ai grandi avec un pays que je ne connaissais qu'en pointillé — par bribes de récits, de photographies et de nostalgie familiale. Pour le connaître vraiment, j'ai dû traverser les clichés qui peuplaient mon regard d'enfant, ces mêmes idées reçues qui décorent souvent les imaginaires quand on tente de cerner la Perse d'antan.

Cette rencontre tardive était somptueuse, captivante. Elle avait tout pour rassasier la faim de celui qui avait grandi déraciné. Mais l'émerveillement est le plaisir du passager, et je ne voulais plus me contenter de passer : je voulais prendre racine. C'est là que j'ai découvert le manque : le besoin d'un lien qui tienne. Et c'est ce manque, précisément, qui m'a conduit à Majnoon.

Majnoon est le surnom d'un amant légendaire devenu « le fou », celui que les Djinns ont touché. Fou d'amour, fou de Leili. Sa passion, douloureuse et sans mesure, le condamne à l'errance : il gagne le désert, où sa flamme solitaire devient sa seule demeure.

C'est dans ce même désert, au centre de l'Iran, dans un village nommé Senejan, que j'ai rencontré pour la première fois les artisanes, et leur geste.

J'ai su, à cet instant, que j'avais trouvé ce que je cherchais — non pas un objet, mais une façon de m'enraciner. Une chaussure pour marcher, faite pour le voyageur ; une chaussure de Majnoon, de passager amoureux.

Danial MazinaniFondateur de MAJNOON

Portrait de Danial Mazinani, fondateur de Majnoon
Prototypes de la Pâpouche, recherches de forme

Le design au service de l'artisanat

Si ce savoir-faire tend à disparaître, c'est en partie une affaire de forme : son manque de confort et une esthétique restée presque inchangée ont fini par la faire paraître démodée, en particulier en ville. C'est là qu'intervient le design : croquis et recherches ont abouti à une chaussure moderne, dotée d'une semelle souple en caoutchouc naturel — la tige crochetée, elle, restant rigoureusement inchangée.

Prototypes

La Pâpouche moderne, tige crochetée et semelle contemporaine
Modèle final

Ainsi repensée, la giveh gagne une forme d'aujourd'hui — modernisée sans jamais être dénaturée. Nous avons gardé l'esprit du modèle blanc cassé, comme le veut la tradition : une chaussure ancestrale et intemporelle, unisexe.

Le lait d'hévéa

La semelle LACTAE HEVEA® est issue de l'affinage d'un matériau entièrement naturel : le lait d'hévéa, recueilli au cœur de plantations tropicales régulièrement entretenues et sans cesse renouvelées.

La récolte, loin d'affaiblir l'arbre, contribue à l'épanouir : lorsque l'on atteint une extrémité de la partie entaillée, l'autre a fini de se régénérer, et un nouveau cycle recommence. Aucune forêt naturelle n'est prélevée ; après 25 ans, le vieil arbre est coupé et un nouveau replanté.

Par un procédé artisanal entièrement manuel et respectueux de l'environnement, au sein d'une entreprise française à taille humaine, la semelle s'inscrit dans une démarche de développement durable.

Lait d'hévéa récolté dans un bol fixé au tronc
Le lait d'hévéa, recueilli à même l'arbre.
La semelle en lait d'hévéa, portée sur un tapis dans l'herbe
La semelle en lait d'hévéa, portée.

Production & transparence

L'assemblage et les finitions sont confiés à un atelier familial au Portugal — pays mondialement reconnu pour son savoir-faire de la chaussure et du textile, sa main-d'œuvre qualifiée et des conditions de fabrication aux normes européennes, respectueuses de celles et ceux qui y travaillent.

Sa proximité compte tout autant : assembler en Europe plutôt qu'à l'autre bout du monde allège l'empreinte du transport — un choix écologique autant qu'éthique.

À l'image des routes de la soie qui reliaient jadis l'Orient et l'Occident, MAJNOON tisse un fil entre les deux : une technique ancestrale d'Iran, une semelle affinée en France, un assemblage au Portugal. Une rencontre de savoir-faire, à rebours de la production de masse.

L'échelle assumée

MAJNOON ne cherche pas à répondre à l'urgence par le volume. Chaque paire dépend du temps d'une main, non d'une chaîne de production — nous ne pouvons, et ne voulons, produire à grande échelle.

Cela veut dire des séries limitées, des délais parfois longs, une disponibilité qui ne suit pas toujours la demande. C'est un choix assumé : préserver le geste plutôt que le diluer, quitte à rester rare.

Détail d'une pâpouche crochetée, tenue en main

Le coton

Les artisanes nous ont confié que le fil naît des chutes de tapis de la région ; nous n'avons pas encore pu remonter et vérifier toute cette filière. Tant que ce ne sera pas certain, nous ne l'affirmerons pas — le tracer entièrement fait partie de notre travail à venir.

Chutes de fils de coton et tapis dans le bazar d'Arak

La transmission

Moins de vingt femmes maîtrisent encore ce crochet, et les plus jeunes s'en éloignent. Notre ambition ne s'arrête pas à vendre des pâpouches : nous voulons aider ce savoir-faire à se transmettre, soutenir les artisanes qui l'enseignent, pour qu'il passe à d'autres mains — plus jeunes — et qu'il puisse perdurer.

Une artisane et son ouvrage de crochet